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Autopsie d'un deuil amical: La respiration

 43 jours, 12 heures, 53 minutes et 6 secondes.  Une accalmie qui m'habite au réveil, et l'idée claire que je ne pourrai pas porter seule le rétablissement du lien. Mes pieds qui foulent le sol,je cours après des réponses qui ne viendront pas, la marée basse qui me confirme que je ne peux rien faire contre mon nom déchiqueté dans son carnet d'adresses.


J'ai voulu, jusqu'à la toute fin, construire une amitié aussi forte que le roc, inébranlable malgré la grisaille et les grands vents.  Je mettrais encore l'ardeur nécessaire, si mon rythme pouvait être entendu. Rythme de femme qui fait son possible, rythme de femme qui tente de survivre à son chaos quotidien. Rythme de femme qui, comme le clapotis des vagues, se recule parfois, porté par la force de la lune, puis revient, toujours. 
Je respire, aujourd'hui, d'une part parce que sinon, j'implose d'un deuil que je n'ai pas voulu, à un moment drôlement inapproprié de ma vie,  et d'autre part, parce que c'est elle qui a choisi de rompre le lien. J'ai beau ressentir qu'il me serait possible d'aller vers elle, de lui offrir un bouquet de ses espérances,je ne peux pas reprendre le chemin habituel de nos déconfitures. Ce sera à elle de rouvrir la porte si elle le ressent.  Je rêve encore, et pour longtemps, que cette amitié pourrait ressusciter de ses cendres, porter encore la force de notre duo, si on arrivait à trouver un entre-deux, un espace mitoyen entre nos réalités. 

Aujourd'hui, j'arrive à avaler la rondeur des nuages en un sourire, parce qu'il me reste ces bonheurs incomparables du bord du fleuve, et une famille aimante. Parce que même si son amitié sait me porter vers mes plus hauts sommets de grandeurs, elle a choisi que mon package ne fait pas son bonheur. Elle sait que je suis là, si un jour elle souhaite mes mots, mais je dois enseigner aux fibres de mon corps à lâcher-prise.
Je ne pourrai entrer dans le cœur que de celleux qui le veulent bien.

Mes réserves de matcha sont épuisées, le décaf goûte dégueu et je sais pas pourquoi, je bois par dépit un café de céréales qui descend bizarrement dans ma gorge, mais je sens que le jour sera mon allié malgré tout. Jour de zénitude au travers du vide. 
Apprendre à cultiver la joie, malgré tout. 


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