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La tête sous l'eau

 Y'a peut-être quelqu'un qui fait du vaudou avec une poupée à mon effigie, ou je me suis lancée un mauvais sort en souhaitant ne pas vieillir.  Bref. Un otite aiguë.  Double. Deux douleurs lancinantes aux oreilles,  l'impression que ma tête héberge une chute d'eau constante, que des masses d'eau éclatent sur mes tympans en continu. Après quelques jours, j'ai finis par voir une médecin  et débuter la médication.  La douleur diminue, ma tête se remet à bouger. Reste qu'une douleur du genre,  c'est pire que mes souvenirs d'accouchements. Il reste, toutefois,  ce bruit continuel, comme si je vivais chaque minute la sortie d'un bar achalandé aux aurores matinales. Y est ajouté un petit Poc Poc occasionnel,  qui s'arrange pour que je n'oublie pas que mes tympans pourraient éclater. 10 jours de traitement, 10 jours à tenter de ne pas angoisser de rester à vie avec cette condition. 10 jours,sans doute, à faire de la recherche sur le sujet, pour m
Articles récents

Je voudrais

 Je voudrais pouvoir écrire et lire plus fréquemment, battre des records de piles de bouquins lus, avoir la tête pleines de nouveaux personnages et de récits colorés.  Je voudrais plus d'entraînements sportifs, toujours plus pour des abdominaux découpés,des cuisses de fer et de jolis biceps. Je voudrais du temps pour jouer avec les petits, construire des châteaux enneigés, leur raconter des histoires jusqu'à ce que tous les livres de la maison y soient passés. Je voudrais faire la sieste aux côtés de Batman et de Wonderman, lorsqu'ils s'assoupissent après avoir joué longtemps, longtemps, aux super-héros.  Je voudrais être une amie présente,  qui sait prendre le temps d'arroser les liens si chers à son coeur. Je voudrais être une amante inventive et dévouée,je voudrais allumer son corps par ma seule présence. Mais,  le quotidien est un étau et je peine à garder le dos droit et les yeux grands ouverts. Chaque jour est une course pour accomplir un peu plus.  Et,ce n

Sixième fois

 C'est la sixième fois que je vis cela. Ton décès, encore. Un anniversaire glauque, auquel j'essaie malgré tout d'ajouter de la lumière.  J'ai allumé des bougies. J'ai voulu croire qu'on pouvait encore communiquer.  Les enfants sont à l'école et le travail se déroule sans moi aujourd'hui.  Je suis pleinement fille de toi. Parce qu'on ne se remet jamais vraiment des hommes qui nous quittent.  Surtout pas toi, le premier,le père.  Celui que je n'ai pas su lire, celui qui n'a pas su me comprendre.  Je t'en ai voulu beaucoup, de tout. D'avoir essuyé mes tristesses à coups de colère.  D'avoir semé en moi la haine de qui je suis. De m'avoir appris, malgré toi, à quêter l'amour dans les mauvais bras, à repousser les âmes belles, ne m'y croyant pas apte. Je t'en ai voulu d'être toi, de ce que je croyais que tu étais.  Avant de savoir.  Que ta maladie grugeait ta douceur, qu'elle te rendait aigri et impatient, que p

Petit homme

 Entre deux rangées à la pharmacie, je tombe sur cet homme vieillissant et sa femme, silencieuse, effacée.  Je le dévisage assez longtemps pour éclairer ma mémoire et retrouver le souvenir attaché à ce malaise provoqué par sa personne.  C'est donc lui, cet enseignant antipathique qui s'évertuait à faire éclater les rêves de ses élèves les plus vulnérables; du moins les miens. Lui,menteur,qui avait énoncé en pleine classe que je n'écrivais pas mes textes moi-même, insulte ultime pour la pré-adolescente que j'étais, pour qui rien n'existait hors des mots. Petit homme, tu ne m'impressionnes plus. Te voilà recourbé sur tes douleurs de vieux monsieur, tu as perdu la grandeur de ta taille et le respect que j'ai dû t'allouer,jadis. Je te vois trottiner vers la sortie, ta main solidement accrochée à tes achats, et je n'éprouve que le soulagement de voir nos chemins séparés. Tu vois, les mots et les livres sont restés à mes côtés, intouchables amis. T'as

La maison larmoyante

 Je marchais, suis passée devant.  Elle était refaite un peu, du bois pour de nouveaux printemps.  Puis cet homme,  réparateur de maisons tristes, m'a révélé que la pauvre, elle pleurait dans la cave, elle se mouillait le sol jusqu'à créer de la moisissure.  Triste bâtisse, qui déjà, avait essuyé les traumas de notre enfance,  les douleurs de ses anciens résidents, englués dans des communications floues.  J'ai souhaité, alors, que ce bon monsieur lui redonne de l'air pur, un peu d'espoir pour que tiennent ses fondations.  Assez d'amour, aussi,  pour que plus personne ne s'y enlève la vie. Ta maison,papa; te pleure encore.  

Faire arrêter la roue

 Marcher, main dans la main Petite armée familiale contre la routine  Ils me racontent leurs jours Des rêves entre leurs paumes douces Trop rapidement,  les grillages de la cour d'école se posent à ma vue Voilà l'aîné qui part,là où je n'ai pas oublié les lois J'ai le coeur gorgé de tristesse De ne pouvoir l'en protéger  Un peu plus loin C'est la garderie  Petite bulle d'amour  Je me sens plus apaisée Mais,tous les matins Je ne peux m'extraire De cette vive impression  Qu'un jour Il faudra arrêter la roue Redonner le temps au temps  De nous permettre de s'émouvoir  Des champignons sauvages qui poussent parfois  Sur le chemin 

Du soir au matin

 Au creux du quotidien  Chercher des lieux où être soi Attendre, parfois Que les feux soient éteints Et la marmaille endormie  Pour retrouver  L'espace, le vide S'étirer les orteils Et les rêves  engourdis