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Enough

 De la peur de ne pas être assez Ni bonne mère Ni bonne employée J'ai franchi la porte des trente-cinq ans En ai perdu des plumes en sortant Et même si je sais Que chaque jour sur cette terre est un cadeau Je me sens vieille dans ma peau Et je suis Terorrisée À l'idée de ne pas être assez
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Mais où vont les outardes qui reviennent?

 Je les entends, lorsqu'elle reprennent le rang vers leur destination originelle Une flèche volante transperçant le bleu du ciel Au petit matin, lorsque mon grand mari part pour faire besogne Le soleil ces jours-ci réchauffe mes incertitudes Il y aura des demains glorieux Gorgés d'espoir et de confiance Il faut parfois seulement Encore un peu d'amour de soi

Attendre

Rafraîchir à outrance La page d’accueil de ma boîte de courriels Pour constater L’absence de ce que j’y attends Mettre ma vie sur pause Voir à des milles devant Une vie dans laquelle je serais quelqu’un Une femme autre Avec des occupations rémunérées Une pension  (on m’a dit que pour les vrais adultes, c'est du bonbon) Et des jours de congé Mais Je dois attendre Et me ronger les ongles Un peu Beaucoup passionnément

Montréal, la belle

Avant huit heures, j’étais prête Je ne voulais pas arriver en retard Je préférais te voir, t’observer de loin Avant le rendez-vous Le train a sillonné la route dans le silence du printemps grisonnant De La Concorde,  les vers de terre se tortillaient sur l’asphalte Un tapis d’accueil pour banlieusards sous la pluie Dans le métro J’ai fait la file pour un billet Contente d’un peu retrouver ma terre d’accueil Et dans les wagons J’avalais la ville de mes yeux Charmée Des passagers greyés de leurs plus doux parfums Des cheveux fraichement sculptés Des sacs qui baluchonneront toute la journée Des denrés, des boîtes à lunchs Montréal, la belle Me pardonnes-tu d’avoir quitté Mon cœur t’est resté accroché Mais j’ai l’amour volage Lorsqu’il est question de survie Et que je ne peux pas me payer Chez toi plus qu’un un et demi...

Assez bien

Je vais aujourd'hui assez bien Pour recommencer les germinations Remettre de petites graines sonnantes au fond des pots De celles qui reposaient depuis des mois au fond de l'armoire Fenugrec, radis, pois Mélange de couleurs et de tailles Cesser le sommeil de la vie Les immerger et savoir que ça poussera J'ai même réussi  À aller porter et chercher les enfants Sans les presser à avancer Le glas imminent de la cloche N'a pas refroidi  Mon moral sucré

Vingt fois

Première incisive tombée. Il attendait le passage de la fée des dents, c'était même le haut fait de la fin de semaine. Le jour même, nous avions bricolé une dent de feutre, pour festoyer l'arrivée de la visite. Il lui a ajouté un chapeau de police, du même respect mêlé d'admiration qu'on les enfants en bas de dix ans pour les forces policières. La faute aux sirènes déclenchées pour épater la galerie devant les marmots. Face à son enthousiasme sans fin pour la profession, je lui réponds constamment qu'il sera policier s'il le souhaite plus tard, mais que je risque pour ma part d'être une vieille femme manifestant pour le climat. On risque de se croiser au front, mon gars. Je m'égare. Le soir venu, il a fallu beaucoup de persuasion pour qu'il daigne s'endormir. Monsieur devait vérifier aux deux minutes si une certaine fée était passée. Il a fini par dormir. La partie n'était pas gagnée. Il fallait décider qui allait accomplir l'ultime missi

Non!

 Je t'ai dit non Arrête d'essayer de me chatouiller Tu le sais bien Qu'à chaque fois  Mes pieds partent tu-seuls Tu dis que je t'attaque Je dis que c'est un réflexe Mon corps n'en est pas un pour des guilis Hey, t'écoutes pas Je t'ai dit non Mes bourrelets C'est pas pour jouer Tu vois bien que j'essaie D'apprendre le consentement aux enfants Veux-tu bien finir par me laisser Le gras du ventre tranquille