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Le prêcheur

 J'imagine qu'il( ou elle) avait à peu près sept ans. C'est du moins ce que sa calligraphie, gravée dans la terre du parc scolaire, nous permettait de déceler. À l'aide d'un bâton, il(elle?) avait inscrit:

'' Jésus est le meilleur''

Ça m'a laissé un brin perplexe. Une belle naïveté devait étrenner sa jeune âme, pour vouer ainsi une dévotion à un super héros d'un autre temps. Je l'ai imaginé, courant l'Halloween aux côtés de ses amis, portant fièrement  la tunique et la barbe longue. Au moins, il a dû avoir l'exclusivité du costume, tandis qu'il déambulait au milieu de multiples Spider Man et autres figures fréquentes.

Un peu plus loin, un garçon dessinait des personnages, son petit cahier de dessin à quelques centimètres du visage, la crayon comme arme de poing, comme pour se protéger de l'adversité. J'ai eu une grosse bouffée de compassion pour celui qui, isolé de ses camarades, osait être pleinement lui-même, artiste assumé parmi les enfants brigands. Le ballon a bien dû le frôler cent fois. Toujours, il restait de marbre, statue de courage et de création qu'il était.

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