Accéder au contenu principal

Le prêcheur

 J'imagine qu'il( ou elle) avait à peu près sept ans. C'est du moins ce que sa calligraphie, gravée dans la terre du parc scolaire, nous permettait de déceler. À l'aide d'un bâton, il(elle?) avait inscrit:

'' Jésus est le meilleur''

Ça m'a laissé un brin perplexe. Une belle naïveté devait étrenner sa jeune âme, pour vouer ainsi une dévotion à un super héros d'un autre temps. Je l'ai imaginé, courant l'Halloween aux côtés de ses amis, portant fièrement  la tunique et la barbe longue. Au moins, il a dû avoir l'exclusivité du costume, tandis qu'il déambulait au milieu de multiples Spider Man et autres figures fréquentes.

Un peu plus loin, un garçon dessinait des personnages, son petit cahier de dessin à quelques centimètres du visage, la crayon comme arme de poing, comme pour se protéger de l'adversité. J'ai eu une grosse bouffée de compassion pour celui qui, isolé de ses camarades, osait être pleinement lui-même, artiste assumé parmi les enfants brigands. Le ballon a bien dû le frôler cent fois. Toujours, il restait de marbre, statue de courage et de création qu'il était.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Écrire

 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

Laisser au fleuve

 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même