Accéder au contenu principal

Madame

 Madame, c'est le titre maudit, celui qui trahit que j'ai réalisé bien peu des choses dont je rêvais adolescente. 

Je m'imaginais que,Madame devenue, j'aurais fait le tour du monde, serais devenue évidemment écrivaine, récitant du Nelligan sur un voilier que j'aurais bâti de mes mains.

La Madame actuelle, elle travaille, s'entraîne, tente de gérer les tâches domestiques diverses et d'être présente auprès des enfants, lit lorsqu'elle le peut,mais beaucoup moins fréquemment que souhaité lorsque son esprit est paralysé par la gestion des achats des vêtements d'hiver et l'idée de prévoir des mitaines de plus pour la saison froide à venir.

On m'a montré, dans les derniers jours,des photographies de moi à vingt ans. J'étais là, souriante,un chapeau de paille multicolore sur la tête, des jupes colorés et follement joyeuse.  J'ai vu cette jeune femme, et m'en suis sentie nostalgique.  

La Madame veut faire rejaillir un peu de la jeune femme qui l'habite. 

Commentaires

  1. L'âge est affaire de perception, largement. Et certaines théories psychologiques, assez élastiques, considèrent que le jeune âge adulte est jusqu'au début de la quarantaine.

    RépondreSupprimer
  2. J'adore cette théorie ! Soyons jeunes jusqu'à la fin!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Écrire

 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

L'asphalte

Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies