Accéder au contenu principal

Madame

 Madame, c'est le titre maudit, celui qui trahit que j'ai réalisé bien peu des choses dont je rêvais adolescente. 

Je m'imaginais que,Madame devenue, j'aurais fait le tour du monde, serais devenue évidemment écrivaine, récitant du Nelligan sur un voilier que j'aurais bâti de mes mains.

La Madame actuelle, elle travaille, s'entraîne, tente de gérer les tâches domestiques diverses et d'être présente auprès des enfants, lit lorsqu'elle le peut,mais beaucoup moins fréquemment que souhaité lorsque son esprit est paralysé par la gestion des achats des vêtements d'hiver et l'idée de prévoir des mitaines de plus pour la saison froide à venir.

On m'a montré, dans les derniers jours,des photographies de moi à vingt ans. J'étais là, souriante,un chapeau de paille multicolore sur la tête, des jupes colorés et follement joyeuse.  J'ai vu cette jeune femme, et m'en suis sentie nostalgique.  

La Madame veut faire rejaillir un peu de la jeune femme qui l'habite. 

Commentaires

  1. L'âge est affaire de perception, largement. Et certaines théories psychologiques, assez élastiques, considèrent que le jeune âge adulte est jusqu'au début de la quarantaine.

    RépondreSupprimer
  2. J'adore cette théorie ! Soyons jeunes jusqu'à la fin!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Les liens par les mots

 J'avais débuté ce blog juste avant le début de la vingtaine, alors que je venait d'arriver à Montréal.  J'y partageais des photographies diverses, comme des cartes postales de vie d'adulte en ébauche. C'était un terrain de jeu festif et naïf.  Il a fallu quelques années avant que je lise d'autres blogs littéraires, qui sont vite devenus de grandes occasions de réflexion et de dépaysement.  J'y lisais des plumes douces et poétiques, et d'autres grinçantes ou colériques. Mais je les aimais toutes,ces plumes amies.  C'est aussi la magie des mots ( en version brève)qui m'a permis la rencontre du poète et créateur multi-magicien Guillaume C. Lajeunesse( https://www.guillaumelajeunesse.com/?m=1) Les blogs furent donc le théâtre de liens profonds,de rencontres, de tremblements de coeur. J'avais abandonné le mien un temps, doutant de sa pertinence, et de la mienne.  Me suis relu,aussi, puis j'ai eu honte de certains textes.  J'ai tout suppri...

À bientôt

J’ai toujours apprécié Blogspot, cette plateforme découverte au début de ma vingtaine. J’y ai écrit beaucoup à cette époque, avant de finalement supprimer mon historique de publications et d’y revenir il y a quelques années. J’y ai vu bon nombre de blogues disparaître ou se faner tranquillement. Je persistais à écrire ici pour développer une communauté, et aussi comme moyen de contact avec un ami, lui aussi blogueur. Devant la rupture récente de ce lien, je me questionne aujourd’hui sur la pertinence de continuer à écrire ici. Les lieux, même virtuels, peuvent éveiller des souvenirs douloureux. C’est le contrecoup d’habiter si longtemps une relation amicale que l’on croyait saine, puis de soulever un jour le tapis pour y apercevoir la poussière accumulée, les non-dits et les reproches mutuels devenus rances, que l’on n’a pas su adresser. C’est dommage, puisque j’aimais cette amitié, et ce qu’elle représentait : la possibilité qu’après un lien amoureux, il était possible de rebâtir autr...

L'asphalte

Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies