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Matin d'avril

 Faudrait aller jouer dehors

Le bleu du ciel invite les yeux à la baignade

Les petits courent dans le corridor 

Un trop-plein d'énergie habite leurs corps


J'aurais aimé rester au lit

Après tout c'est dimanche 

Lire et écrire toute la journée 

Le dimanche je me m'entraîne pas

Et je me suis abstenue

Du sirop d'érable dans mon décaf


J'essaie d'être une mère exemplaire 

Que les petits appeleront par choix et non 

Par obligation 

Mais pendant ce temps 

Ma plume prend la poussière 


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Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies

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 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même