Accéder au contenu principal

Tu peux me chanter une chanson?

 J'avais oublié la berceuse qui guérit tous les maux

Ça expliquait les gazouillis incessants dans la chambre des enfants

Trop prise par mon cerveau-sans-répit, j'avais oublié d'être maman


Parce que

Ouvrir les valves de mes inconstances, ce matin

Permettre au flot des douleurs de gruger le téléphone

Pour expliquer mon besoin de médicaments

Ça a brouillé les cartes

De ma liste de tâches à faire


Je suis redevenue toute petite

Chose flasque et peu vindicative

Que j'ai été si longtemps


J'ai tout dit, tout dépoussiéré

Même les craques que j'évite d'habitude, pourtant

En espérant enfin

Pouvoir consulter le psychiatre


Mais

Il vous faudra plus, Madame

Il vous faudra attendre, des mois

Il vous faudra déballer encore vos déboires putrides

Espérer être crue et entendue

Tenir entre vos mains votre futur diagnostic


Il sera tout chaud et fragile, vous allez devoir bien le protéger

Prendre vos pillules à heures régulières

Jaser au plein tarif avec un membre de l'Ordre

Et espérer, peut-être, devenir une bonne citoyenne


Un jour, Madame, si vous travaillez bien sur vous

Vous mériterez, sait-on jamais

Une place enviable

Sur un siègle facilement éjectacle




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Écrire

 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

Laisser au fleuve

 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même