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À un père


À toi qui est parti 
Demain au petit matin, à l'heure où les enfants croqueront leur déjeuner, cela fera cinq ans que tu nous manques.
Cinq ans à te chercher au hasard du tracé des nuages, cinq ans à imaginer ton retour lorsque la nuque des inconnus ressemble trop à la tienne.
Cinq ans à parler de toi au passé et je ne m'y habitue pas.
Tu vois papa, mon coeur t'aime encore au présent.

Tu sais papa, cette bûche qui te porta à cette corde fatale, elle est maintenant au jardin. Nous y avons mis des fleurs et voilà que, peu avant la neige, y poussait encore des champignons.
La vie a repris ses droits.
J'ai voulu la conserver pour ne pas oublier. Ni ta douleur, ni la beauté cruelle du vivant.
Je penserai à toi demain comme chaque jour, avec en tête tous ces moments qui ne se produiront pas, toutes ces rencontres avec tes petits-enfants qui n'auront jamais lieu.
Je n'ai pas encore su leur expliquer pourquoi tu ne descends jamais des étoiles.

Je t'aime papa. Ta fille pour toujours.

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