Accéder au contenu principal

À un père


À toi qui est parti 
Demain au petit matin, à l'heure où les enfants croqueront leur déjeuner, cela fera cinq ans que tu nous manques.
Cinq ans à te chercher au hasard du tracé des nuages, cinq ans à imaginer ton retour lorsque la nuque des inconnus ressemble trop à la tienne.
Cinq ans à parler de toi au passé et je ne m'y habitue pas.
Tu vois papa, mon coeur t'aime encore au présent.

Tu sais papa, cette bûche qui te porta à cette corde fatale, elle est maintenant au jardin. Nous y avons mis des fleurs et voilà que, peu avant la neige, y poussait encore des champignons.
La vie a repris ses droits.
J'ai voulu la conserver pour ne pas oublier. Ni ta douleur, ni la beauté cruelle du vivant.
Je penserai à toi demain comme chaque jour, avec en tête tous ces moments qui ne se produiront pas, toutes ces rencontres avec tes petits-enfants qui n'auront jamais lieu.
Je n'ai pas encore su leur expliquer pourquoi tu ne descends jamais des étoiles.

Je t'aime papa. Ta fille pour toujours.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'asphalte

Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies

Autopsie dun deuil amical: L'acceptation

 46 jours, 52 heures, 3 secondes.  Des mots échangés, puisque ma douleur ne pouvait admettre une finalité dans des teintes si sombres. Un besoin d'ajouter de la lumière, pour avancer un peu.  On a déplié les dernières semaines, recompté les souffrances, pour faire un tri salutaire.  Je crois que tout n'a pas pu être entendu,  nos cicatrices d'avant scotchées sur l'oreille du coeur, ont faussé encore une fois les données.  Au moins, il y a eu reconnaissance de nos années partagées, des remerciements sincères des deux côtés, comme une poignée de mains de yeux mouillés. Je reste tout de même avec un deuil à pacifier. Elle quitte avec le quart de ma vie, et toutes les clés de mes secrets. Je ne sais pas comment je bâtirai mes liens prochains, je ne sais pas si je serai un animal sauvage dur d'approche, ou un oiseau voltigeur qui cherche l'adoption sur les épaules des passants. Peut-être un peu des deux. J'espère pouvoir faire naître de belles relations ici,sur ...

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie