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Philo du jeudi

 La neige avait semé sa féerie matinale, les enfants déposés à l'école, ma foulée malhabile sur les routes où la neige devenait slush

J'ai glissé sans grâce, j'ai vu le fleuve à mi parcours, suis revenue les pieds mouillés

Je ne sais pas combien de paires de bas mettre sur mes pieds pour affronter le chemin

Je crois bien être généralement positive mais la vie me happe je manque de temps pour flatter le chat, entretenir mes amitiés, écrire des choses révolutionnaires

Il me semble que je cours toujours après quelque chose

Je dois apprendre à habiter l'instant 



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Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Écrire

 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

Laisser au fleuve

 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même