Accéder au contenu principal

Relâche

La cloche du début des cours
Atténuée par le bruit des escaliers dévalés en trombe
Des jouets éparpillés en un tapis au sous-sol 
Tandis que les mains sont encore constellées
De paillettes
Des jeux qui dégénèrent
Quand tout le monde veut
En même temps le seul playmobil auquel il reste des cheveux 

Je n'ai pas pu lire la pile de bouquins à côté de mon lit
Ni faire les siestes nécessaires 
À l'entretien de ma boîte crânienne
Trop occupée à tenter de créer des souvenirs 

Demain le tsunami va m'emporter 
Me remettre les fesses 
Devant l'écran d'ordinateur
Je serai de nouveau salariée
Je vais devoir boucher les fissures
Mon embarcation prend l'eau 
Je ne suis pas un maillon fort
Du capitalisme 
Je veux tisser des poèmes 
Aux heures ouvrables
Lire du lever au coucher du soleil 
Être payée pour aimer beaucoup trop les mots
Je n'ai jamais espéré être une princesse 
Je souhaite plutôt découdre un peu
Le châle de la charge mentale 
Laissez-moi exister
En un lieu
Où les heures ne sont pas volées 
Pour la survivance
Je regarderai doucement les glaces
Se fendre
Je grappillerai 
Des miettes de temps 
Pour exister un peu
Jusqu'au prochain congé






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'asphalte

Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Autopsie dun deuil amical: L'acceptation

 46 jours, 52 heures, 3 secondes.  Des mots échangés, puisque ma douleur ne pouvait admettre une finalité dans des teintes si sombres. Un besoin d'ajouter de la lumière, pour avancer un peu.  On a déplié les dernières semaines, recompté les souffrances, pour faire un tri salutaire.  Je crois que tout n'a pas pu être entendu,  nos cicatrices d'avant scotchées sur l'oreille du coeur, ont faussé encore une fois les données.  Au moins, il y a eu reconnaissance de nos années partagées, des remerciements sincères des deux côtés, comme une poignée de mains de yeux mouillés. Je reste tout de même avec un deuil à pacifier. Elle quitte avec le quart de ma vie, et toutes les clés de mes secrets. Je ne sais pas comment je bâtirai mes liens prochains, je ne sais pas si je serai un animal sauvage dur d'approche, ou un oiseau voltigeur qui cherche l'adoption sur les épaules des passants. Peut-être un peu des deux. J'espère pouvoir faire naître de belles relations ici,sur ...