Accéder au contenu principal

Journal de plage

 J'ai pédalé un moment, GPS à l'appui, pour m'y rendre.  Je cherchais parmi les rues, mais c'est l'odeur saline, plutôt, qui m'a mené au droit chemin. Arrivée à la plage, j'observais les familles vivre leurs vies, j'étais seule, une madame qui lisait compulsivement, une madame qu'on croirait sans enfants, parce que, quelle mère laisserait ses enfants au camp de jour afin d'aller seule à la plage? 
Moi, sans aucune hésitation.

Se sont succédés: la famille adepte de paddle board,avec lesquels une dame âgée, promenant son chien, a voulu discuter, Il y a eu le couple avec l'homme verbomoteur, celui qui jasais sans relâche, profondément insécure face à sa recherche d'emploi, et dont la conjointe l'écoutait patiemment, alors que je le suppliais mentalement d'enfin terminer sa séance de désabillage pour  aller se tremper les pieds et crisser patience à mes oreilles. Accalmie.

Une maman entrainait son bambin vers le fleuve. La marée avait reculée entre 'Ce qui brûle bien'' de Stéphanie Pelletier, et  ''Mon coeur accroché sur vos murs en carton'' de Mylène Mackay.

Un homme du premier groupe revenait de sa marche ,montrant fièrement sa prise aux enfants: Un crabe vivant aux pattes à la course.
Puis, ce fut l'heure du dîner. Les gens quittaient avec leurs pelles, leurs serviettes et leur progéniture, le monsieur anxieux semblait enfin apaisé . 


J'ai lu,parmi les goélands et les corneilles, spectatrice du grand héron,là-bas en prestation. 

J'ai lu dans l'harmonie sublime de la nature. 






Commentaires

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Je pense que dans des instants comme ça – exception faite des quelques gens autour – mais n'apportaient-ils pas quelque chose à la scène en même temps ? – dans des instants comme ça, bref, t'as vraiment trouvé ta place dans le cosmos !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui,merci ! Les énergies sont puissantes,par ici! La nature est incroyable et si inspirante! Tu viens nous voir quand tu veux !

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'asphalte

Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement  Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin  Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent  Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore  Mes partitions d'amour  Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Autopsie dun deuil amical: L'acceptation

 46 jours, 52 heures, 3 secondes.  Des mots échangés, puisque ma douleur ne pouvait admettre une finalité dans des teintes si sombres. Un besoin d'ajouter de la lumière, pour avancer un peu.  On a déplié les dernières semaines, recompté les souffrances, pour faire un tri salutaire.  Je crois que tout n'a pas pu être entendu,  nos cicatrices d'avant scotchées sur l'oreille du coeur, ont faussé encore une fois les données.  Au moins, il y a eu reconnaissance de nos années partagées, des remerciements sincères des deux côtés, comme une poignée de mains de yeux mouillés. Je reste tout de même avec un deuil à pacifier. Elle quitte avec le quart de ma vie, et toutes les clés de mes secrets. Je ne sais pas comment je bâtirai mes liens prochains, je ne sais pas si je serai un animal sauvage dur d'approche, ou un oiseau voltigeur qui cherche l'adoption sur les épaules des passants. Peut-être un peu des deux. J'espère pouvoir faire naître de belles relations ici,sur ...