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Il y a


 Il y a cette fillette

Qui disait sien le chalet familial 

Qui s'appropriait le Rocher Percé

Et dessinait au noir tableau d'ardoise 

Les plus grands des bals d'oiseaux 


Il y a cette jeune femme 

Qui se languissait des marées

Qui n'aurait pourtant jamais osé

Troquer la ville,filer loin 

Au bout de la 132


Il y a cette trentenaire 

Presque bientôt quarante ans

Qui voit les autres faire maison

Dans leurs rêves élémentaires 

Et puis,pourquoi pas?


Pourrait-elle, elle aussi

Laisser la banlieue à son asphalte 

Laisser les peurs en arrière 

Et faire de la plage son salon

Cueillir le varech à pleines mains

Se réinventer des saisons 


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 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

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 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même