Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau Pour le vivant Je pourrais rester là Des heures durant À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire Les fragilités de la joie
Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore Mes partitions d'amour Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies
Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère croire en la force des marées Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités des interstices du mutisme Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse ne peut s'apprivoiser S'ouvrir l'âme Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera Du bois poli d'incertitudes Et le courage d'avancer quand même
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