Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau Pour le vivant Je pourrais rester là Des heures durant À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire Les fragilités de la joie
Écrire Pour prendre le pouls de mon histoire Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent Au puzzle qui prend la poussière Plonger pour le seul bénéfice D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs Écrire
Ce qui reste de nous Se compte entre les craques des trottoirs Aux embranchures molles de nos secrets fanés J'ai cessé de vouloir réanimer nos souffles éteints J'accepte l'inévitable désenchantement Dehors, les oiseaux déjà marquent le chemin Territoire d'asphalte aux imprimés graciles Leurs pas légers s'envolent Vers des demains aux plumes duveteuses J'irai couver ce qui n'existe pas encore Mes partitions d'amour Des ailes pour une hutte Où je panserai mes plaies
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