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Ingérence

 Le soleil se lève à peine,

Que les enfants font la file

À l'arrêt d'autobus 


Je savoure le bonheur 

De ne pas être en retard 

Les miens sont habilés

Correctement pour la saison 

Personne n'a fait de crise

Contre  manteau et mitaines


Puis,elle m'interpelle 

Dans sa voiture stationnée


-Madame  il faudrait gérer cela!

-Quoi donc?

-Le petit gars,là-bas,il attaque la petite fille!


Je me retourne,parce que prise en faute

Et je ne vois pourtant 

Que le frère et la soeur qui rigolent,se chamaillent gentiment 


-Je ne comprends pas,il semblent s'amuser...

-Il fait les avertir, voyons !

-Allez-y, si c'est important pour vous! Je m'occupe de mes propres enfants, et ces autres-là me semblent plutôt consentants .

- Je peux pas,je suis en voiture !J'ose pas imaginer comment vous éduquer vos enfants !


Il n'est même pas sept heures trente

Que déjà, Madame, vous voulez encadrer

Les jeux de deux enfants qui ne vous ont

Rien demandé

Je n'en veux pas,de votre insigne

Du parent militaire 

J'espère, Madame, qu'il vous arrive encore 

De marcher sur le trottoir 

Sans toucher les lignes 

De rire,un instant,dans une bibliothèque 

De jouer,au doux matin, sans que gronde

La voix d'une autorité patentée 



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Il y a

 Il y a cette fillette Qui disait sien le chalet familial  Qui s'appropriait le Rocher Percé Et dessinait au noir tableau d'ardoise  Les plus grands des bals d'oiseaux  Il y a cette jeune femme  Qui se languissait des marées Qui n'aurait pourtant jamais osé Troquer la ville,filer loin  Au bout de la 132 Il y a cette trentenaire  Presque bientôt quarante ans Qui voit les autres faire maison Dans leurs rêves élémentaires  Et puis,pourquoi pas? Pourrait-elle, elle aussi Laisser la banlieue à son asphalte  Laisser les peurs en arrière  Et faire de la plage son salon Cueillir le varech à pleines mains Se réinventer des saisons 

Les liens par les mots

 J'avais débuté ce blog juste avant le début de la vingtaine, alors que je venait d'arriver à Montréal.  J'y partageais des photographies diverses, comme des cartes postales de vie d'adulte en ébauche. C'était un terrain de jeu festif et naïf.  Il a fallu quelques années avant que je lise d'autres blogs littéraires, qui sont vite devenus de grandes occasions de réflexion et de dépaysement.  J'y lisais des plumes douces et poétiques, et d'autres grinçantes ou colériques. Mais je les aimais toutes,ces plumes amies.  C'est aussi la magie des mots ( en version brève)qui m'a permis la rencontre du poète et créateur multi-magicien Guillaume C. Lajeunesse( https://www.guillaumelajeunesse.com/?m=1) Les blogs furent donc le théâtre de liens profonds,de rencontres, de tremblements de coeur. J'avais abandonné le mien un temps, doutant de sa pertinence, et de la mienne.  Me suis relu,aussi, puis j'ai eu honte de certains textes.  J'ai tout suppri