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Mais où vont les outardes qui reviennent?

 Je les entends, lorsqu'elle reprennent le rang vers leur destination originelle

Une flèche volante transperçant le bleu du ciel

Au petit matin, lorsque mon grand mari part pour faire besogne


Le soleil ces jours-ci réchauffe mes incertitudes

Il y aura des demains glorieux

Gorgés d'espoir et de confiance

Il faut parfois seulement

Encore un peu d'amour de soi



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L'art de l'amitié

 J'ai toujours su ne pas être la plus douée pour les amitiés féminines. Quelque chose dans la façon de trouver le ton, d'être investie dans la juste mesure, me faisait toujours faux bond.  On ne sort pas si aisément le rat de bibliothèque de soi.  Les livres me sont des amitiés fidèles et totales. Les humains, je ne sais pas toujours comment les aborder. Oh,je sais sourire et être civilisée. Mais très rapidement,je me perds dans les méandres de mes angoisses, j'oublie de garder contact, trop occupée par mes propres dilemmes intérieurs.  Alors, c'était avec étonnement que je découvrais son univers tandis qu'on avait multiplié les sorties au café, il y a quoi, sept ans de cela? Elle était femme, mère, artiste. Elle était totale et entière. Grâce à elle, j'ai appris à être une meilleure personne, à écouter toutes ces parts de moi, dont je ne soupçonnais pas la présence.  J'ai pu vieillir mieux, sachant qu'elle cheminait jamais trop loin de moi.  Mais j'

Les poubelles

 La quiétude est une denrée fragile. On la prend pour acquis, autant que la jeunesse, qui pourtant se dérobe à nous chaque seconde un peu plus.  C'était un mardi, il y a deux semaines, environ. Petite maison de banlieue, grande fenestration laissant voir un paysage automnal. La voiture du voisin garée comme à l'habitude. Un soleil frisquet qui tente lentement de nous adapter à la nouvelle saison. Je suis assise à la cuisine, sur un espèce d'îlot qui prolonge un comptoir. J'en suis à ruminer encore et encore sur des questions bêtement insipides mais qui obsèdent mon esprit. Et ça arrive. La porte de la maison s'ouvre devant moi, désemparée. Sur l'instant, je crois qu'il s'agit  d'un livreur de bulbes, puisque mon mari en commande beaucoup ces derniers temps, la faute d'un jardin immense qui fait la guerre aux pelouses du quartier. Mais quel livreur tenterait de s'immiscer ainsi dans l'intimité d'autrui? Je m'avance, en panique, fai

Salutations

Je reprends l'écriture ici, pour le plaisir de crier un peu avec les mots. Ce ne sera pas toujours lumineux, ni sombre  mais à tout le moins salvateur. Je ne clame pas la pertinence, mais le besoin d'extérioriser un trop-plein, de sortir les poubelles de ce qui constitue ma nouvelle réalité: la charge mentale d'une mère et banlieusarde pauvre, une artiste déchue sans doute trop paresseuse pour saisir ses rêves à bras-le-corps. Alors, je m'avoue que je ne changerai pas le monde à grande échelle. Ne serai  pas une artiste révolutionnaire. Me conterai d'être une mère imparfaite. Une femme à la santé mentale fluctuante. Mais j'écrirai, pour me faire la main, puisque les mots restent encore le seul phare stable dans les tempêtes de mes saisons intérieures.