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Sept

 C'était il y a 7 ans.

À six heures du matin, tandis que je décidais de prolonger mon sommeil, ne voulant pas encore affronter le jour, toi, tu décidais d'en finir avec la vie.

Tu hissais ta corde à la structure du cabanon,  tu sortais tout ce qui encombrait l'endroit, tu préparais les noeuds qui allaient à jamais te couper de nous.

Lorsque le téléphone a retenti un peu plus tard ce matin-là, que maman m'a demandé si j'étais bien assise, comme si elle craignait que la nouvelle me projette violemment au sol, l'annonce redoutée a éclatée. 

Tu t'étais pendu, faute d'espoir pour ton futur à venir. 

Je t'en ai voulu, de ne pas avoir laissé de notes à mon intention, autant que d'avoir choisi de partir ainsi, abdiquant des défis, et tout à la fois des moments tendres que tu aurais pu vivre.

Je t'en veux encore. 

Tu aurais pu voir mon garçon, aujourd'hui, fier de maîtriser la planche à neige.

Tu aurais pu jaser avec ton frère, échanger de grandes vérités entre quelques gorgées de bière.  

Tu aurais pu voir cette femme qui t'était si chère, ma mère, tu aurais pu développer une amitié avec elle,si tu avais pu admettre que la fin de votre couple n'était pas la fin de ta vie.

Je t'en veux encore, parce qu'on commençait à peine à dénouer nos blessures familiales avant ton départ. 

Je t'en veux encore,  parce que je t'aime et tu me manque, mon petit papa d'amour. 

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