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Les boîtes

 Mettre la vie, Les souvenirs dans des boîtes  Hiérarchiser Des bouts de mémoire  Se réinventer à soi
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Mes cuisses

  C'est ce que j'ai vu en premier, sur cette photo qu'on m'avait envoyé. Je n'étais qu'un objet hors du focus, qui visait plutôt mes deux enfants,grignotant leur lunch en escapade à la forêt.  "Ils sont tellement cutes!' S'exclama donc leur grand-mère.  Certes. Pourtant, je suis resté un bon moment avec un profond dégoût pour l'image de moi projetée, cette vision de mon corps assit, les chairs molles. Où était donc cette musculature de feu que je m'évertue à entretenir, mes nouveaux mollets de coureuses, mes cuisses galbées et mes biceps? Je ne voyais maintenant qu'une madame,  mangeant sa salade de pâtes en famille.  Aurais-je dû me lever prestement,  prendre ma meilleure pose devant l'appareil? Il faut admettre que dorénavant,  je ne contrôle plus l'image de ce corps. Qu'à défaut de pouvoir le façonner pour séduire, je ne peux que le remercier de me porter depuis près de 40 ans. Qu'il faut enterrer la grossophobie et l&

Merci,Caroline

  Caroline Dawson est décédée,et cette nouvelle me tord le coeur. Pour ses proches, son conjoint, ses enfants, le reste de sa famille, et ses ami.e.s, mais également pour tout le milieu littéraire.  La mort est toujours cruelle, mais elle nous coupe ici d'une autrice magnifique, et d'une humaine tellement inspirante. Je la lisais, et j'écoutais ses chroniques à la radio. Je la réécoutais cette semaine, dans une entrevue où elle encourageait les gens à écrire des récits vrais, des idées nouvelles. Disait avoir écrit "Là où je me terre" à 40 ans,je crois.  Et je me dis,depuis,que c'est une chance inouïe que nous avons eu qu'elle prenne la plume.  Merci, Caroline. 🤍🤍🤍

La fête

 Si je saisis bien la finalité de cette amitié  Mon subconscient, lui, ne l'a pas encore assimilé.  Elle était protagoniste dans ce rêve de la nuit passée, un autre rêve, encore. Nous étions à une grande fête pour le mariage d'une autre amie, on s'y croisait parmi la foule de convives. Je lui demandais sans préambule de discuter,pour vrai, de la rupture de nos liens, j'exigeais qu'on revienne sur ces dix dernières années.  Elle répliquait que non,c'était trop tôt.  Me suis levée avec ce deuil au creux de la poitrine,celui qui apparaît lorsque les récriminations s'éteignent,lorsqu'on se demande tout bonnement comment l'autre se porte. Il semble que les amitiés déchuent demandent aussi au coeur un temps de réparation. 

Curiosité nocturne

 J'ai rêvé d'elle  Nous allions en ville, point de rencontre entre nos deux vies. Elle proposait le restaurant,  comme avant.  Disait avoir beaucoup à faire,et panoplie de gens à voir. J'étais perplexe, il y avait trop à débroussailler pour que nos âmes dialoguent en un 5 à 7 chronométré. Puis, agacée, elle disparaissait pour sauver une jeune future diplômée qui s'était égarée de sa soirée de collation de grades.  J'attendais un peu. Puis,comme elle ne revenait pas,je tentais de la contacter, pour réaliser ne plus avoir ses coordonnées.  Me suis éveillée à cette idée,  cette coupure de lien, cette absence de post-mortem sur la relation.   J'ai rêvé d'elle, et de cette fin beaucoup trop lyrique, un poème de presque haine, un aveu de désamitié.

Trop bientôt

 Le deuil C'est aussi  Voir la peine de la voisine  À bientôt ne plus voir grandir les enfants  Le déménagement  Et ses dommages collatéraux Elle, grande et courageuse octogénaire  De la fenêtre de sa chambre  Les yeux mouillés d'avance  Salut les petits  Une pratique générale  Avant le grand départ