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Joie

 Moi qui cours 

Jusqu'à ses abords

Le coeur en fête 

De voir ses vagues qui éclatent

Sur les neiges compactes


Prendre des photographies 

Pour immortaliser longtemps 

Les déclinaisons des eaux

Vouloir capter plus

Que ce que mes iris peuvent contenir 

Du beau jusqu'à plus soif


J'inspire 

Les poumons gorgés

Du délice salin des embruns

Mes bottes prennent l'eau

Tandis que je fais le plein

Des marées qui ont vaincues

Les glaces

Vivre pleinement en ces instants

Où je suis un rocher de chair

Aspergée 

Mais béatement heureuse




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 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

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 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même