Accéder au contenu principal

La tête sous l'eau

 Y'a peut-être quelqu'un qui fait du vaudou avec une poupée à mon effigie, ou je me suis lancée un mauvais sort en souhaitant ne pas vieillir. 

Bref. Un otite aiguë.  Double. Deux douleurs lancinantes aux oreilles,  l'impression que ma tête héberge une chute d'eau constante, que des masses d'eau éclatent sur mes tympans en continu.

Après quelques jours, j'ai finis par voir une médecin  et débuter la médication. 

La douleur diminue, ma tête se remet à bouger. Reste qu'une douleur du genre,  c'est pire que mes souvenirs d'accouchements.

Il reste, toutefois,  ce bruit continuel, comme si je vivais chaque minute la sortie d'un bar achalandé aux aurores matinales. Y est ajouté un petit Poc Poc occasionnel,  qui s'arrange pour que je n'oublie pas que mes tympans pourraient éclater.

10 jours de traitement, 10 jours à tenter de ne pas angoisser de rester à vie avec cette condition. 10 jours,sans doute, à faire de la recherche sur le sujet, pour mieux comprendre. 

Et l'empathie,aussi, pour les gens envers lesquels ce qui est pour moi événement est devenu la norme, l'ouïe comme un sens boiteux avec lequel avancer,malgré tout. 

Parce que pour iel.le.s, le bruit n'arrête jamais.  Chaque fucking seconde est habitée de dérangement sonore.

Vivre dans le chaos auditif. 




Commentaires

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. J'étais malade récemment et j'ai pris un antibio. Ça semblait mieux aller. Puis après le traitement, depuis lundi peut-être, un petit mal de gorge, sournois. Le mal de gorge va en grandissant. Au point où ça me fait terriblement mal d'avaler ma propre salive. Maintenant, quand j'avale ma salive, la douleur se manifeste d'abord dans la gorge puis remonte jusqu'aux deux oreilles. Je crains que j'ai la même chose que toi. Médecin demain à 9h40...

    RépondreSupprimer
  3. Ohlala, j'espère que tout rentrera rapidement dans l'ordre! Quelle horreur, que ces virus qui déraillent!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ombrelle

 Les ombrelles Lourdes du poids Des gouttes qui désaltèrent Des abreuvoirs pleins De reflets à siroter La verdure de la cour Comme autant de points d'eau  Pour le vivant Je pourrais rester là  Des heures durant  À espionner ce qui pousse Le froissement des feuilles Qui se délient  La rotation lente Des stigmates en éveil Les fleurs savent dire  Les fragilités de la joie

Écrire

 Écrire  Pour prendre le pouls de mon histoire  Apâter les souvenirs qui s'étirent comme un matin brumeux Mettre des sons qui claquent Sur des fragments de vécu Trouver les pièces qui concordent  Au puzzle qui prend la poussière  Plonger pour le seul bénéfice  D'apposer des lucioles Dans les craques qui bordent les noirceurs  Écrire 

Laisser au fleuve

 Laisser au fleuve Ce qui s'évapore dans la colère  croire en la force des marées  Regarder les quidams cueillir aux plages Les récits qu'iels voudront conserver Libérer mes vérités  des interstices du mutisme  Apaiser la crainte d'être faussaire Rien de ce qui blesse  ne peut s'apprivoiser  S'ouvrir l'âme  Aux sourires esquissés au coin d'une table Aux échanges brefs qui portent loin Aux liens qui poussent sans exiger À la magie qui déposera  Du bois poli d'incertitudes  Et le courage d'avancer quand même