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Articles

À bientôt

J’ai toujours apprécié Blogspot, cette plateforme découverte au début de ma vingtaine. J’y ai écrit beaucoup à cette époque, avant de finalement supprimer mon historique de publications et d’y revenir il y a quelques années. J’y ai vu bon nombre de blogues disparaître ou se faner tranquillement. Je persistais à écrire ici pour développer une communauté, et aussi comme moyen de contact avec un ami, lui aussi blogueur. Devant la rupture récente de ce lien, je me questionne aujourd’hui sur la pertinence de continuer à écrire ici. Les lieux, même virtuels, peuvent éveiller des souvenirs douloureux. C’est le contrecoup d’habiter si longtemps une relation amicale que l’on croyait saine, puis de soulever un jour le tapis pour y apercevoir la poussière accumulée, les non-dits et les reproches mutuels devenus rances, que l’on n’a pas su adresser. C’est dommage, puisque j’aimais cette amitié, et ce qu’elle représentait : la possibilité qu’après un lien amoureux, il était possible de rebâtir autr...
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Ceux qui quittent

Fin d'année 2025, des choses particulières m'arrivent au moment où je lis ''Comme on vit, on meurt'' de  Pema Chödrön, où il est question de la préparation à la mort, et l'acceptation des cycles. J'ai vu ma mère atteinte d'une cancer cette année, et en rémission, je croyais bien qu'il s'agissait là du seul gros défi que j'aurais à affronter. Voilà que la vie m'amène une distance amicale, en mode silence, où mes messages ne trouvent pas de mots en réponses. Je ne m'attendais pas à la façon dont les choses se déroulent, ce mutisme-là m'étonne tout à fait, mais je comprends qu'il doit s'agir ici d'une continuité dans la relation, une amitié précieuse qui s'est étiolée, et qui subit des secousses lorsque l'une ou l'autre des parties prenantes se sent abandonnée, ou non comprise. J'aurais cru, cette fois, qu'on aurait réussi à réparer les ponts, mais visiblement, des détails doivent m'échapper, o...

La promenade

 La forêt. Belle et accueillante, chaleureuse malgré le froid de la neige qui s'amoncelle aux branches de ses arbres. On marche en famille, le plus vieux traîne les pieds, lui qui aurait préféré faire du ski de fond. Il souhaite alors jouer à la cache-cache sur le trajet,veut faire autre chose que coordonner ses pieds vers un objectif, il espère ajouter de la magie à ses déplacements.  L'anxiété m'indique qu'il faut rester sur le sentier principal, ne pas trop s'éloigner, conserver une distance respectable, et je m'en veux d'être cette mère trop couvrante, qui ne lui laisse peut-être pas assez découvrir son environnement.  Alors, chemin faisant, le plus jeune m'incite à personnifier une fée, ou alors un gnome? Je joue distraitement, je tente de repérer l'ainé au travers des branchages. Une fois, deux fois. On le retrouve, il peste un peu d'être découvert.  Au troisième camouflage, je ne le vois pas, son père non plus, il m'incite à respirer, ...

La dame en gris

 Elle marchait juste devant nous, le pas ferme, malgré les bottes à talons dans la neige folle de décembre, ses cheveux auburn ont transité autour de sa tête bénie de beauté, son manteau de laine gris lui donnait des airs de reine des neiges. Cette femme allait assister à un spectacle, mais allait éblouir l'assistance, juste par sa présence naturelle. Je ne pouvais qu'admirer sa superbe en action.  Le reflet métallique du bâtiment m'a rendu mon allure, celle, plus brouillonne, de la dame que je suis devenue, les bottes détachées, la tuque bien enfoncée sur la tête. Personne à impressionner, aucun projet d'émouvoir ou de charmer. Au creux de ma mitaine, pourtant, cette petite main qui prolongeait le corps joyeux de mon enfant ébahit. Il sortait au théâtre, allait se bercer les oreilles de musique céleste, et cela valait les plus grandes prestances ! J'apprends à faire la paix avec celle que je suis et que je deviens. 

Vacances

 La cloche sonnera  Entraînant les petits pas Sur le chemin de la maison  Les bottes coulantes d'une neige mouillée Iront dessiner des cernes grises au parquet  Je m'abreuverai de la joie Des enfants rieurs Je laisserai les miettes s'accumuler  Sur la table La poussière sur le sol Vivra ses meilleurs jours Je prendrai le temps de me blottir  Au chaud dans des livres repères  Recoudre un peu les blessures des derniers temps 

Philo du jeudi

 La neige avait semé sa féerie matinale, les enfants déposés à l'école, ma foulée malhabile sur les routes où la neige devenait slush J'ai glissé sans grâce, j'ai vu le fleuve à mi parcours, suis revenue les pieds mouillés Je ne sais pas combien de paires de bas mettre sur mes pieds pour affronter le chemin Je crois bien être généralement positive mais la vie me happe je manque de temps pour flatter le chat, entretenir mes amitiés, écrire des choses révolutionnaires Il me semble que je cours toujours après quelque chose Je dois apprendre à habiter l'instant 

Dé( composition)

Le fleuve dépose des restes d'un oiseau dépecé. Je m'arrête, le regarde, dégoûtée, coupable d'être arrivée trop tard. L'automne est là, dans les bourrasques où les feuilles cherchent la chaleur à l'intérieur des chaumières, elles s'engouffrent dès qu'une porte s'ouvre sur le dehors. Je ne sais pas si j'avance comme je le devrais, ni vers où.  Je repense à l'oiseau qui a fini attaqué sur la plage. A-t-il pu accomplir tout ce qu'il souhaitait avant le coup de bec fatal du grand rapace ? Je fais mon petit bout de chemin pas révolutionnaire, je garde mon corps actif, je fais mon boulot sagement et avec empathie, je prépare à souper à des enfants largement difficiles à satisfaire, j'accompagne les devoirs et la routine dodo, jusqu'à l'épuisement, et là, j'ouvre un livre, quelques pages avant de sombrer dans le sommeil.   J'entendais récemment d'une autrice en entrevue qu'elle rêvait, enfant, d'écrire.  Et cette prof...