Moi qui cours Jusqu'à ses abords Le coeur en fête De voir ses vagues qui éclatent Sur les neiges compactes Prendre des photographies Pour immortaliser longtemps Les déclinaisons des eaux Vouloir capter plus Que ce que mes iris peuvent contenir Du beau jusqu'à plus soif J'inspire Les poumons gorgés Du délice salin des embruns Mes bottes prennent l'eau Tandis que je fais le plein Des marées qui ont vaincues Les glaces Vivre pleinement en ces instants Où je suis un rocher de chair Aspergée Mais béatement heureuse
La cloche du début des cours Atténuée par le bruit des escaliers dévalés en trombe Des jouets éparpillés en un tapis au sous-sol Tandis que les mains sont encore constellées De paillettes Des jeux qui dégénèrent Quand tout le monde veut En même temps le seul playmobil auquel il reste des cheveux Je n'ai pas pu lire la pile de bouquins à côté de mon lit Ni faire les siestes nécessaires À l'entretien de ma boîte crânienne Trop occupée à tenter de créer des souvenirs Demain le tsunami va m'emporter Me remettre les fesses Devant l'écran d'ordinateur Je serai de nouveau salariée Je vais devoir boucher les fissures Mon embarcation prend l'eau Je ne suis pas un maillon fort Du capitalisme Je veux tisser des poèmes Aux heures ouvrables Lire du lever au coucher du soleil Être payée pour aimer beaucoup trop les mots Je n'ai jamais espéré être une princesse Je souhaite plutôt découdre un peu Le châle de la charge mentale Laiss...